Victoire de l’Ukraine, la France avant-dernière

Eurovision 2022

Parti archi-favori, Kalush Orchestra a largement remporté le 66e concours de l’Eurovision après une prestation au cours de laquelle le groupe a appelé à aider son pays et notamment la

Et soudain l’Eurovision bascule. En quelques mots. Même pas chanté, juste hurlé. Comme un cri du cœur. « S’il vous plaît, aidez Marioupol, aidez Azovstal, tout de suite ». A l’issue de sa prestation, le leader du groupe ukrainien Kalush Orchestra interpelle le concours et les 200 millions de téléspectateurs qui suivent l’évènement un peu partout dans le monde et surtout en Europe évidemment.

Ici, en théorie, on ne fait pas de politique. Mais cette année, c’est impossible, alors que la Russie a été immédiatement exclue de la compétition après avoir envahi l’Ukraine, alors que Kalush Orchestra partait archi-favori.

Les six Ukrainiens sont venus défendre « Stefania », écrite au départ par son chanteur en hommage à sa mère. « Je trouverai toujours le chemin de la maison même si toutes les routes sont détruites », disent les paroles. Une image il y a quelques mois, une réalité désormais.

Alors oui, il fallait parler de ce qui se passe en Ukraine, de la ville martyre de Marioupol, de son usine d’Azovstal où sont retranchés les derniers soldats de la commune. Quelques mots sous les acclamations de la foule de Turin.

Pire score depuis 2015 pour la France

Tout le monde n’a peut-être pas entendu, tout le monde n’a peut-être pas compris. Mais le message a vite circulé sur les réseaux sociaux. Une phrase qui faisait écho au « Give peace a chance » de John Lennon, entonné par toute la salle en ouverture de la cérémonie. L’affaire était entendue. Pas du côté des jurys de professionnels qui lui avait préféré le Royaume-Uni, la Suède ou l’Espagne et ne lui avait accordé « que » 192 points. Le public, lui, a fait exploser les compteurs : 439 points, un record absolu. L’Ukraine gagne avec 631 points artistiques peut-être, politiques surtout.

Pour le reste, l’Eurovision est resté l’Eurovision avec des prestations improbables, des moments d’émotion, de gêne, de surprise aussi. On avait envie de dire au premier candidat, un trio techno tchèque, qu’en 2022 il n’y avait plus besoin de venir entouré de vieilles machines et d’un capharnaüm de fils électriques pour produire un tube électro dans un simple ordinateur portable. On se demandait pourquoi le représentant roumain avait tout l’air d’un torero espagnol. On s’interrogeait sur le retour d’un autre temps de The Rasmus pour la Finlande, star dans les années 2000 avec « In the shadows », figé dans la même musique qu’il y a 20 ans. On a découvert un crooner suisse en cuir, d’émouvantes chanteuses portugaises, une sous Rosalia espagnole, des Norvégiens têtes de chiens, la country moldave et un plagiat polonais de Lana Del Rey sans complexe.

Et les Français dans tout ça ? Nos Alvan et Ahez, programmés en début de soirée, n’ont pourtant pas démérité avec « Fulenn », « l’étincelle » en breton, techno-celte bien troussée qui a remué la soirée… mais pas les votants. Avec 9 points côté jury et 8 côté public, la France termine dans les tréfonds du classement, avant-dernière, juste devant l’Allemagne. Son pire score depuis 2015.

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